SITES ATYPIQUES DANS LE TARN

La prospection dans le Tarn en 2013 a confirmé que ce département possédait une population de Grands-ducs d’Europe plus importante qu’il n’y paraît. Le travail de recensement des sites occupés par un couple avec reproduction sera long (Aujourd’hui une petite cinquantaine) mais j’estime déjà actuellement à plus d’une centaine le nombre de couples présents sur tout le département. Fin 2013, lors d’une sortie terrain, Jean Marc CUGNASSE me disait qu’à la fin des années 70 début des années 80, qu’ il avait été à deux doigts de lancer un programme de réintroduction tellement la population du département était faible.

L’homme était passé par là : Persécution, empoisonnement, myxomatose sans parler des dégâts habituels générés par les lignes moyennes tension, les fils de fer barbelés, les véhicules terrestres. Aujourd’hui l’espèce se porte plutôt bien, l’oiseau a réintégré progressivement les territoires abandonnés ou désertés et
il se confirme que Maître Bubo s’installe aussi sur des sites considérés comme plutôt atypiques.

 


Photo : Richard PENA (2015)

 

Depuis 2009, avec Richard PENA, nous étudions plusieurs sites en plaines collinéennes et dans des bois de plaine dans le département du TARN. En cette année 2015, nous confirmons une occupation certaine et plusieurs nidifications dans ces milieux.

 

Site I : A partir de 2012, nous avons trouvé et suivi avec les amis du TARN un site occupé dans un bois sans affleurements rocheux. La femelle a niché sur une petite vire de terre orientée plein nord à l’intérieur du bois. Résultat : 1 jeune à l’envol. Les fortes pluies depuis deux ans ont passablement détruit le site I pourtant le couple était bien présent cet hiver mais il a sans doute migré car la vire de terre s’est écroulée à cause des infiltrations d’eau. En 2012, un jeune est né et a survécu jusqu’à l’envol. En 2013, le nid a été inondé et j’ai retrouvé des restes de coquille mais pas de traces de jeunes malgré des écoutes et une fouille minutieuse du bois.

 


Site I

 

Site II nous a apporté 7 jeunes sur les trois dernières années, 2 en 2011, 2 en 2012
3 jeunes à l’envol en 2013. Toutefois pour 2013 le nid occupé depuis au moins 4 ans est resté vide. Le couple a choisit une belle petite vire de terre maintenue par les racines des arbres (photos) à environ 230 mètres plus au sud de l’autre nid et plus au centre de la colline boisée à l’abri des intempéries et toujours au milieu du bois. En 2014 là aussi le couple a été confirmé. Présent au gîte hivernal nous espérions une nouvelle reproduction. Hélas, il n’a pas niché en tous les cas pas sur site.

 


Site II

 

Site III : Enfin pour ce site que je vais évoquer, les Grands-ducs ont niché en 2013 et 2014 au pied d’un arbre isolé sur une pelouse parsemée de quelques chênes et de genévriers. La reproduction a donné 3 jeunes à l’envol en 2013 et 2 en 2014. Il semble bien au vu du matériel récupéré que ce n’est pas la première année de reproduction dans nid!

 


Site III

 

Site IV découvert en 2014, est lui aussi, situé dans un secteur de landes, de bois, de prairies et de champs cultivés. 3 jeunes volants ont été contactés cette année et tout un travail d’écoutes et de suivi reste à effectuer dès l’automne 2014. Nous allons fouiller cet été ; Cependant, trouver une aire au sol avec une importante surface à prospecter et une végétation épaisse à cette période de l’année semble très compliqué !

 



Site IV

 

Site V Malgré la grande taille de ces bois, nous avons fait un pas de géant en 2015. Deux jeunes volants ont été contactés et le secteur de nidification est enfin défini. L’apothéose est prévue pour 2016. Rêvons de trouver la femelle couvant au pied d’un arbre où dans un ancien nid de rapaces ou de corvidés.

 


Site V

 

Site VI Un seul mot : Exceptionnel !!! Colline boisée avec belle pelouse quelques affleurements rocheux, garenne à proximité. 3 jeunes sont nés en 2013 ; 1
seul petit en 2014 ; 4 naissances en 2015 et deux jeunes à l’envol.

 


Aire n°1


Aire 2, Un nid tout de même particulier

Site VI

 

Site VII, Des prairies à moutons, des bois de plaines et quelques affleurements rocheux. Un mâle trouvé mort en 2013 mais le couple était bien présent. Tentative de nidification constatée sur un petit rocher en sous bois mais pas de jeune contacté. En 2014, un mâle à été contacté et l’aire de l’an dernier a été à nouveau travaillée. Très bonne nouvelle en 2015, nous avons la clé du site, l’aire et la zone d’émancipation des jeunes ont été trouvées. 4 jeunes volants et un site au milieu de la nature avec une végétation de type méditerranéen. Le régime alimentaire risque d’être aussi intéressant puisque nous avons parmi les proies notre 1ère Bondrée apivore (Pernis apivorus)

 




Deux aires sur le même site, chênes clairsemés, rochers non couverts orientés est

Site VII

 

 


D’autres espèces étaient présentes  : La Bondrée apivore en couple et nicheuse



… et une superbe couleuvre verte et jaune

 

 

Actuellement, nous avons connaissance d’une douzaine de sites dits atypiques. Ils sont suivis par mon ami Richard PENA et moi-même et la liste devrait encore s’allonger ! Ces sites sont souvent les plus difficiles à connaître, une fois la végétation sortie, il s’avère compliqué de trouver les aires et seules des écoutes de jeunes en période estivale permettent de confirmer une nidification réussie. Il nous reste encore à découvrir BUBO nicheur sur un arbre dans un ancien nid de rapace ou de corvidés. La chance aidant c’est peut être pour bientôt !


 

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